Apteronotus Albifrons (Poisson-Couteau électrique)

Nom scientifique: Apteronotus Albifrons

Nom commun: Poisson Couteau Américain, Poisson Couteau fantôme, Couteau-noir, Sternarque à front blanc, Dame noire, ou encore Esprit noir pour les ethnies locales.

Origine géographique: Amérique du Sud, largement répandu au sud du Brésil.

Un de nos spécimens à l’Aquaramiaud

Taille: Jusqu’à plus de 70 cm dans la nature, 50 cm en milieu captif.

Description: Ce poisson porte vraiment bien son nom. Il a la forme d’un grand couteau. Sa nageoire ventrale est reliée à sa nageoire anale en une forme de lame souple. Il ne possède ni dorsale ni de pelviennes. Sa caudale est de toute petite taille. Il possède une couleur noire intense avec une petite bande blanche vers le bout de sa queue. À l’age adulte le poisson perd de sa couleur et devient un peu plus grisâtre.
Sa bouche est assez fine et étroite, mais il possède un organe assez spécial. Une glande appelée electrocyte émettant des ondes électriques. Il repère ainsi ses proies, ses congénères ainsi que l’environnement dans lequel il évolue. C’est l’un des 50 poissons produisant de l’électricité.

Cette faculté que possède le Poisson Couteau a été développée dans cette famille de poisson. Des glandes sensorielles reliées aux fibres nerveuses du poisson lui permettent d’une part de ressentir les ondulations de courant qui se propagent dans l’eau. En effet l’eau est un très bon conducteur et de nombreux animaux aquatiques ressentent les choses grâce à cette caractéristique. C’est leur sixième sens.
Pour ce qui est de l’Apteronotus, il possède aussi des glandes qui génère un courant électrique, de faible mesure mais qui peut se calculer assez facilement avec un ampèremètre. Ces glandes sont fixées directement sur la colonne vertébrale du poisson, accrochées à la moelle épinière, ce qui fait communiquer tout le système nerveux, du cerveau jusqu’aux arrêtes. La cellule envoyant la décharge s’appelle « électrocyte » comme mentionné précédemment. Elle permet à certains individus de communiquer, c’est donc un rôle d’émetteur-récepteur.

Le courant produit par l’animal est sinusoïdale. Il fait des courbes et n’est pas dangereux pour l’Homme. Plus le poisson est stressé ou dérangé par son milieu ou par un autre poisson et plus sa courbe va changer, soit en accélérant, soit en s’amplifiant, ou les deux ou l’inverse…

Espérance de vie: Plus de 15 ans.

Caractéristique d’eau: Une eau entre 23° et 28° C. Un bon brassage avec un pH acide.

Type d’aquarium: L’aquarium devra être relativement grand. Ce poisson n’est pas un bon nageur, il ne se déplace pas beaucoup, mais vu sa taille à l’âge adulte, il faudra un bac où il puisse faire un demi tour.
Quand au volume, tout est relatif. On peut préconiser sans trop s’avancer que 1 000 est un bon compromis pour ce poisson gigantesque.

Décor: Le décor devra être riche et bourré de cachettes. Ce poisson aime les recoins cylindriques. Dans un bac de simple maintenance, n’hésitez pas à mettre un tube PVC au poisson pour qu’il puisse se mettre à l’intérieur. Ils aiment se reposer dans ces coins à l’abri du courant.
Les plantes ne doivent pas être négligées. Le bac doit obligatoirement être tamisé. Pas de lumière vive.

Vue d’ensemble de notre 1000L à l’Aquaramiaud:

Dimorphisme: Le dimorphisme n’est pas évident. La femelle atteint rarement les 50 cm du mâle. Elle est plus petite et moins robuste.

Comportement: C’est un poisson très affectif qui peut facilement venir manger dans la main. J’ai même vu le soigneur sortir le poisson de l’eau, le prenant dans la main comme un couteau. Le poisson n’avait pas peur du tout, au contraire.

Cohabitation: Ce poisson est assez problématique niveau cohabitation. Il émet des ondes électriques qui peuvent potentiellement gêner ses congénères. L’un peu aveugler l’autre. Les risques de conflit existent.

La cohabitation est difficile avec des poissons habitués à être solitaire ou encore avec d’autres poissons électriques de famille différente.

Les petits poissons risques de se faire manger si le poisson n’est pas nourrit à taille adulte. C’est un prédateur dans la nature qui chasse la nuit grâce à ses capteurs. Il peut faire de sérieux dégâts à la plupart des poissons de nos bacs.

Notre cohabitation à l’Aquaramiaud en images:

A l’Aquaramiaud, nous avions aussi un spécimen seul dans un 1000L, à l’initiative de notre ancien secrétaire Cédric. Comme nous trouvions le bac vide, la nouvelle équipe a voulu faire un test. Nous avons introduit 3 jeunes Cichlidés du Malawi qui ont vite grandit vue l’espace, et qui n’ont jamais été dérangés. Nous avons donc ajouté un banc d’Hasmania et de Nanostomus beckfordi. Tout se passe bien, mais l’aptérotonus est jeune et à une taille de 20-30cm. Mais en grandissant, le banc n’a pas duré, je déconseille… Nous avons aussi ajouté 3 autres congénères à notre apterotonnus initial. Et tout va bien, avec 2, il y a un risque de dominant / dominé, à 4, aucun ne prend le dessus.

Au niveau de la cohabitation, nous avons voulu poursuivre avec des discus. Suite à deux décès sur les 5 après une journée d’acclimatation, nous les avons retiré. Mais je ne suis pas convaincu que ce soit les aptérotonus en cause, en effet, ce bac avait une faible filtration, et ne possède pas un changement d’eau automatique, et les discus sont célèbres pour leur fragilité vis-à-vis des paramètres. Pour consolider cette thèse, j’ai pu voir la cohabitation réussi de Discus avec des Aptérotonnus à l’Aquarium d’Allex.

Après cet échec du discus, nous avons introduit un scalaire adulte. Et pendant plus d’une semaine, il n’y a pas eu de problème. Depuis, nous avons un banc d’une dizaine de scalaires qui cohabitent avec les Aptérotonnus. De plus, nous avons un bac (avec changement d’eau automatique) libéré de ses scalaires qui est prêt à accueillir notre futur banc de Discus!

Reproduction : La reproduction a été réalisée une seule fois, au Muséum Aquarium de Nancy (54 Meurthe et Moselle). Ils ont simulé une pluie artificielle dans un bac, avec une augmentation de la température.

Nourriture: Artémias, vers de vase, petits poissons, moules, crevettes, etc…

Déplacement : Les déplacements de ce poisson se font grâce à une ondulation de sa nageoire ventrale. Comme un voile. Il fait quelques fois des marches arrière ou du « vol stationnaire ».

Anecdotes:
– L’Apteronotus et d’autres poissons electriques sont utilisés dans certaines stations d’épuration. Il est en fait dans un aquarium où l’eau provient en dérivée des canalisations nettoyées. Un Ampèremètre est branché dans son bac et si à un seul moment la courbe change, c’est qu’il y a un problème. Ils testent ensuite l’eau pour trouver d’où vient le problème. Ceci économise beaucoup d’argent aux municipalités. Pas besoins de faire des tests toute les semaines. Le poissons est bien sur déconnecté du réseau d’eau dés que l’alerte est sonné.

Liste non exhaustive des autres poissons électriques:
– Les Anguilles,
– Raies,
– Torpilles,
– Poisson Éléphant,
– Poisson Couteau,
– Malaptérure, (poisson chat)
– Uranoscope,
– Mormyrus…

Photographies:
Frédéric Rival

Sources:
– Visite du Muséum Aquarium de Nancy,
– Connaissances personnelles,
– Informations du Cercle Aquariophile de Nancy,
– Électrocosmos, le peuple de l’onde. D’André Florion et Christian Willig,
– Atlas du docteur Axelrod.

Cedric Paul
Mise à jour: Frédéric Rival

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